Née en 1987, Virginie Nguyen Hoang est une photographe belge basée au Caire.

Biographie

"The little Mango"

A Bangui, la vie normale a repris son cours mais la tension est toujours palpable, les cicatrices tardent à se refermer, la peur empêche les déplacés de rentrer chez eux et des milices sont toujours présentes dans certains quartiers de Bangui.

Le 10 décembre 2012, l’ancien président de Centrafrique, François Bozizé, fait face à une rébellion du groupe armée Séléka. Malgré l’appel à l’aide du Tchad voisin, Bozizé ne peut faire face au groupe armé et s’enfuit vers le Cameroun au mois de mars 2013 alors que la Séléka (groupe majoritairement musulman) s’empare du palais présidentiel avec comme président autoproclamé : Michel Djotodia. Alors que la Séléka est au pouvoir, des exactions ont lieu à l’intérieur du pays contre les chrétiens et débouchent sur des affrontements interreligieux. Michel Djotodia fini par dissoudre la Séléka, mais des milices d’autodéfense se créent dont celle des anti-Balaka (majoritairement chrétiens) qui lancent une offensive sur Bangui le 5 décembre 2013. Des affrontements entre ex-Séléka et anti-Balakas font une vingtaine de morts et plusieurs dizaines de blessés à Bangui tandis que des troupes françaises se déploient sur les principaux axes de la capitale. Le lendemain, l’opération Sangaris est lancée afin de rétablir l’ordre dans le pays. Les affrontements et représailles entre ex- Séléka et anti-Balaka ont poussé des milliers de centrafricains à se déplacer et se réfugier dans les pays voisins. En Centrafrique, un des camps de déplacés les plus importants est celui de Mpoko, à l’aéroport de Bangui.

Au mois de Janvier 2014, Djotodia démissionne mais l’instabilité et l’insécurité règne encore dans le pays ; des milices armées sont présentes dans tout le pays et sèment la terreur parmi la population. En 2016, alors que la population centrafricaine a élu démocratiquement leur nouveau président Faustin-Archange Touadéra, plus de la moitié de la population a encore besoin d’une aide humanitaire, en particulier les quelques 418 000 déplacés dans tout le pays (chiffres de l’UNHCR). Au mois d’avril 2016, le début des pluies annonce la saison des petites mangues centrafricaines. On trouve son kiosque de mangues à chaque coin de rue de la ville. Les enfants des rues semblent profiter de son prix bon marché pour en manger à longueur de journée. La situation semble calme, la vie normale a pris le dessus sur les affrontements. Néanmoins, la tension est palpable, les cicatrices tardent à se refermer, la peur empêche les déplacés de rentrer chez eux. Bientôt, les averses remplaceront la faible pluie de la « saison des petites mangues ».